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INFORMATION |
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La peinture de Laurent a ceci de trés particulier:
elle est une peinture littéraire. Koller est le plus grand novelliste pictural que je connaisse.
Il est à la toile ce que Ray Carver était à la page blanche:
une sorte d'esthète minimaliste de la condition humaine.
Chacune de ses saignèes noires est une histoire ciselée, un moment de suspension tragique ou une anecdote touchante qui agit sur notre propre histoire comme un miroir. Surface réfléchissante, sa toile ne fait aucun cadeau à celui qui accepte d'embarquer pour une croisière blanche, tranchante, déchirée par l'écume noire de l'envers inattendu. C'est une photo instantanée des confins de nos âmes.
La peinture de Laurent est un cri blanc d'infinie solitude, elle est la beauté sensuelle du cri qui cherche. J'aime sentir que le geste de l'artiste est encore présent au moment de mon regard. Je vois surgir l'ombre de son bras, j'entends la pulsation de son sang, animé par la fulgurance d'un mystère dont il ignore la fragile mécanique.
Le grand art de Laurent Koller est de nous rapprocher de la sidération, cet état de grâce trop rare qui sollicite en nous la part de l'ange et celle du monstre pour un festin jouissif où l'on se sent l'espace d'une seconde entièrement humain.
Thierry Crouzat
(fév 2007) |
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